Autoformation

 
Autoformation
Écrit par Administrator   
04-05-2007
{mosgoogle left}L'autoformation (ou auto-formation) est un moyen d'apprentissage utilisant les capacités d'autonomie de l'apprenant. On parle aussi d'autodidaxie, qui permet de se former à son rythme à travers l'exploitation de ressources spécifiques ou non.

Pour Joffre Dumazedier, le concept d'autoformation est un concept ambigu, s'il permet d'appréhender les pratiques du sujet de ce qu'il a nommé "la société des loisirs", il a ses limites et n'est pas sans danger en ce qu'il peut alimenter le mythe d'un auto-engedrement. Jean Jacques Rousseau, avait déjà entrevu cet écueil et sa théorie des trois maîtres (nature-hommes-choses) se rapproche de la théorisation de Gaston Pineau qui propose un triangle de l'auto-formation reposant sur trois pôles (Eco, le monde - hetero, les autres - auto, soi même). Enfin, pour le pédagogue Philippe Meirieu, "il n'y a d'apprentissage véritable qu'en autoformation". Ces différents auteurs s'attachent ainsi à affirmer la formation comme l'acte d'un sujet désirant qui peut se former, avec, contre ou sans les instutions éducatives. Les courants de l'éducation populaire, l'université populaire, les réseaux d'échange réciproque de savoir et les phénomènes collaboratifs comme ce wiki, illustrent ce phénomène important de la société du XXIième siècle.

Faut-il avoir peur de l'autoformation? 

C'est la question que posaient les Cahiers pédagogiques, dans le numéro de janvier 1999. Pour les professionnels de la formation et de l'éducation, la notion n'est pas sans causer inquiétude ou défiance. Que penser des savoirs parcellaires et des fourvoiements de certains autodidactes? Que vont devenir les professionnels, si les gens se forment par eux-même? Quelle prétention, ou quelle associalité cache cette démarche? N'y a-t-il pas là une ruse de managers pour que les salariés se forment à moindre coût ce qui aura pour conséquence que seuls les plus formés auront accès à la formation? Finalement l'autoformation, n'est-ce pas un mythe à combattre tout comme celui des pédagogues qui se poseraient en "ennemis" des disciplines instituées par leurs aproximations et leurs compromis démagogiques? Une fois posées ces quelques questions, essayons d'y voir un peu plus clair dans un phénomène social qui démarre au XVIIIième siècle pour devenir sans doute une des caractéristique majeure du XXIième. On parle en effet de société du savoir, de société apprenante et les enjeux de l'accès au savoir et de sa reconnaissance sont ceux de l'accès à une place et à une identité sociale valorisée. Posons que le savoir est un pouvoir. Pouvoir d'agir, pouvoir de comprendre et en dernier lieu, sans doute, pouvoir d'accéder à sa propre existence comme sujet libre de construire le sens qu'il donne à ce qu'il vit. La métaphore de Diogène dans son tonneau demandant à Alexandre "otes toi de mon soleil!" illustre bien ces enjeux existentiels et l'on peut dire que l'autoformation poussée jusque là c'est bien la capacité de penser par soi même en s'affranchissant un tant soit peu des évidences qui se présentent à nous trop facilement.


Les recherches actuelles sur l'autoformation

La notion d'autoformation comme pratique sociale et les diverses formes auxquelles elle renvoit font l'objet d'un courant de la recherche en sciences de l'éducation. Philippe Carré parle d’une galaxie de l’autoformation qui gravite autour d’un concept central de l’autoformation comme le fait « d’apprendre par soi même » et entourée par les diverses tendances que sont :

  • L’autoformation Intégrale : renvoie au courant ancien de l'autodidaxié, dont le critère d'identification repose sur le fait d'apprendre en dehors de tout lien avec les institutions et agents éducatifs formels. En situation d'autodidaxie, il s'agit d'"assumer soi­-même l'ensemble des fonctions d'enseignement habituellement dévolues à un tiers " (N. Tremblay). Cette conception initiale de l'autoformation renvoie à la fois au courant historique de l'autodidaxie ouvrière, et aux approches plus récentes de l'autoformation en milieu "naturel", c'est­ à ­dire non explicitement organisé à des fins pédagogiques, qu'il soit familial, professionnel ou associatif.
  • L'autoformation Existentielle : représente pour G. Pineau le processus d'appropriation par le vivant de son pouvoir de formation. Qualifié de " biocognitif " par cet auteur, ce processus d'"anthropogénèse" correspond à la visée phénoménologique d'apprendre à être (E. Faure), de cheminer vers soi (C. Josso), ou de produire sa vie (G. Pîneau). Il s'appuie sur des pratiques variées : histoire de vie, autobiographie-­projet, blason ou "essai de formation" (educational narrative), et recoupe le projet d'une éducation permanente comme processus vital et continu de développement de soi par soi.
  • L'autoformation Sociale : renvoie à toutes les formes d'apprentissage réalisées par les sujets eux-mêmes, à l'extérieur du champ éducatif au sens strict, dans et par la participation à des groupes sociaux et en bénéficiant de formes de médiation diverses. Elles s'observent en milieu associatif (réseaux d'échanges de savoirs, cercles d'études, groupes de formation autogérés), ou professionnel (organisations apprenantes ou qualifiantes, apprentissage " dans et par les situations de travail "). Elles existent en dehors des institutions éducatives (c'est ce qui les distingue des pratiques d'autoformation " éducative ") et sont marquées par le caractère central de rapports sociaux institués (c'est ce qui les distingue de l'autoformation " intégrale ").
  • L'autoformation Educative : recouvre l'ensemble des pratiques pédagogiques visant à développer et faciliter les apprentissages autonomes, dans le cadre d'institutions spécifiquement éducatives, l'autonomisation des apprenants participant du projet pédagogique des formateurs. Les notions connexes d'"individualisation" de la formation, d'autoformation "accompagnée", "assistée", "tutorée", renvoient à la décentration pédagogique caractéristique de l'autoformation et à son accompagnement par un facilitateur. De nombreux outils et dispositifs viennent instrumenter cette conception : ateliers pédagogiques personnalisés, centres de ressources, espaces d'autoformation, centres permanents, etc.
  • L'autoformation Cognitive : réunit différentes conceptions des mécanismes psychologiques mis en jeu par l'apprenant dans l'apprentissage autonome. Dans ce cadre, la notion centrale d'autodirection de l'apprentissage, particulièrement répandue en Amérique du Nord, recouvre "un processus mental intentionnel dirigé par la personne elle-­même, généralement accompagné et appuyé par des comportements d'identification et de recherche d'information" (H. Long). Les notions de projet d'apprentissage, de contrat pédagogique, de disposition à l'apprentissage autodirigé et de stratégies métacognitives nourrissent l'analyse de l'autoformation sous l'angle de la dynamique individuelle et des compétences de l'apprenant.

 

Présentation:

{mosgoogle right}Certains secteurs professionnels nécessitent d'avoir recours régulièrement à la formation professionnelle continue pour rester performants sur le marché du travail. Si l'autoformation est souvent vue comme l'unique alternative pour se former, notamment dans le secteur des NTIC, il est conseillé de miser sur un stage de formation d'initiation (de quelques jours), utile pour acquérir les bases de la compétence recherchée et permettant par la suite d'optimiser une éventuelle autoformation.L'autoformation est fréquente aussi chez des adultes souhaitant se réorienter, changer leur parcours professionnel. Ils utiliserons l'autoformation à défaut d'une formation ou bien en complément. On trouve aussi beaucoup de personnes, qui pratiquent l'autoformation chez les amateurs :

  • matières techniques et scientifiques (archéologie, astronomie, écologie, mécanique, aéronautique, nautisme, électronique, informatique etc.);
  • matières artistiques et culturelles (musique, arts plastiques vidéographie, photographie, cinématographie, littératures etc.) ;
  • activités sportives (connaissance anatomique diététique, techniques etc ...).

 

Les inconvénients :

  • durée d'apprentissage plus longue ;
  • manque de recul, d'objectivité, de discernement etc.
  • solitude.


Les avantages :

  • acquis durables ;
  • satisfaction personnelle ;
  • indépendance ;
  • coûts (moins onéreux qu'une formation courante, mais souvent plus élevés en achat de documentation, en matériels).


Les contraintes :

  • autodiscipline ;
  • organisation ;
  • curiosité, ouverture d'esprit ;
  • patience, perspicacité, volonté.

 

Dernière mise à jour : ( 29-05-2007 )
 

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